Motion de Censure: démissionner la Présidente de la Commission?

Blog post sur LinkedIn, 07/07/2025, de Sven Franck (in Deutsch, in english)
TL;DR – La semaine dernière, un député roumain du groupe CRE a déposé une motion de censure contre la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour son rôle dans le scandale « Pfizergate » et son ingérence dans les élections allemandes et roumaines. C'était la première motion depuis 2014 et, bien qu'elle ait peu de chances d'aboutir, elle a été un signal d'alarme - mais pour de mauvaises raisons.
R.I.P. UE ?
L'extrême droite n'a en réalité que peu de reproches à faire, car la présidente de la Commission s'est peu à peu rapprochée d'elle : de l'accord migratoire opaque avec Giorgia Meloni en Italie et la Tunisie jusqu'au récent détricotage du Pacte vert.
Si quelqu'un au Parlement avait des raisons de déposer une motion, ce seraient bien les forces progressistes. Elles ont soutenu un second mandat d'Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission et se retrouvent face à une potentielle majorité de conservateurs et d'extrême droite menée par... Ursula von der Leyen.
Menée ? Plutôt pas, car cette nouvelle majorité veut une Europe des nations. Moins il y a de leadership européen, mieux c'est. Pourquoi le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères reste-t-il discret pendant que Macron et Merz portent l'effort diplomatique ? Comment se fait-il qu'alors que Trump impose des droits de douane à l'Union européenne (et non aux États membres), on entende si peu la Commission et sa présidente ?
À la place, le chef de l'OTAN, Mark Rutte, dans une révérence poétique, a engagé les États membres de l'UE à augmenter massivement leurs dépenses militaires – ce qui pourrait bien diviser l'OTAN et l'Union, comme le montre le référendum slovène sur l'adhésion à l'OTAN.
Pas ma présidente
Si votre français le permet, écoutez le récent discours de Claude Malhuret au Sénat français. « Où est passée l'Europe ? » ~ Qu'est-il advenu de l'Europe qui, pour lui, ressemble à un château de sable emporté par la marée, présidée par 27 dirigeants heureux de ne pas être en désaccord, mais n'étant d'accord sur rien et posant surtout pour les photos. Il conclut par un appel pour que l'Europe se réveille.
L'Europe peut-elle se réveiller avec ces dirigeants nationaux et l'actuelle Commission ? Je ne le pense pas. Se réveiller signifie relancer le projet européen. Cela prendra plus de temps qu'un mandat national – alors pourquoi commencer ? Et la présidente de la Commission, qui se contente parfois de quelques paroles sur une éventuelle révision des traités, reste désormais silencieuse et en retrait.
La motion de censure actuelle ne passera probablement pas, mais d'ici 2029, la route sera longue. Pour moi, les choses ne bougeront qu'avec une pression venue de la base. Une autre présidente de la Commission désignée par le Conseil à huis clos ne fera qu'apporter plus d'eau au château de sable évoqué. Si nous voulons mettre l'Union européenne sur des bases solides, il nous faut une présidente de la Commission avec un projet soutenu par la population et issu du Parlement. Cela devrait figurer à l'agenda de tous. Comme pour #jumpstartEU.