Democracy Shield - l'UE, devrait-elle couper les reseaux sociaux ?

Democracy Shield - l'UE, devrait-elle couper les reseaux sociaux ?
Plus rien ne semble sacré aujourd'hui sur les réseaux sociaux.

Blog post sur LinkedIn, 25/05/2025, de Sven Franck (in Deutsch, in english)

TL;DR La consultation publique sur le futur bouclier de la démocratie européenne est sur le point de se terminer et, malgré un fort bruit dû à une initiative slovaque, de rendre nos démocraties plus résilientes devient une urgence.

J’aime l'idée « La liberté d’expression n’est pas la liberté de diffusion » – c’est-à-dire empêcher qu'un individu, une entreprise ou un acteur étatique abuse sa position dominante pour amplifier son opinion et faire taire les points de vue opposés. Tout comme l'UE s'efforce d'empêcher les monopoles économiques, une société pluraliste doit aussi limiter les monopoles d'information. Recrutements dans les médias publics contrôlés par les partis politiques, individus détenant une part importante de médias privés ou des algorithmes opaques des réseaux sociaux favorisant certains sujets – l'UE ne devrait pas arbitrer ce qui est dit, mais elle devrait réguler la liberté de diffusion.

La question pour moi est de savoir si la simple tape sur les doigts après des enquêtes qui prennent des années pour établir les faits est la meilleure voie à suivre avec les réseaux sociaux. L'UE est fière d'avoir fait de l'USB-C une norme – alors pourquoi ne pas créer un équivalent européen pour les réseaux sociaux ? Celui-ci devrait inclure :

  1. #BotFreeZones. Il peut être intéressant d'écouter l'interminable conversation entre Werner Herzog et Slavoj Žižek, mais il faut prohibiter des fermes à bots menant ce genre de discussions entre elles sur les réseaux sociaux pour créer une fausse popularité et inonder les écrans des utilisateurs de leurs récits.
  2. #AITruthCopilots. L’UE pourrait obliger les plateformes à permettre aux utilisateurs d'exécuter un LLM sélectionnable pour la vérification des faits en temps réel, sous le contenu principal, afin de signaler ou masquer les informations douteuses. Pourquoi ne pas créer un LLM européen open source et transparent, et en faire le choix par défaut pour les utilisateurs ? L'Europe a déjà bâti une réputation en matière de protection des données – pourquoi pas en matière de vérité ?
  3. #PostInteroperability. Le Data Act doit faciliter pour les utilisateurs le transfert de services cloud d'un fournisseur à un autre. Pourquoi ne pas faire de même pour les publications sur les réseaux sociaux ? Si l'UE imposait l'interopérabilité entre les plateformes (en rendant un format comme ActivityPub obligatoire), nous pourrions suivre des utilisateurs de plusieurs réseaux sur notre fil personnel.

Bien sûr, ces mesures changeraient fondamentalement, voire « casseraient » le fonctionnement actuel des réseaux sociaux. Est-ce que c'est nécessaire ? Je le pense – et j'espère que l'UE permettra à des acteurs européens d'émerger. Non en imposant un récit particulier, mais en rééquilibrant l'un des terrains sur lesquels nos démocraties sont constamment attaquées (il y en a d'autres tout aussi importants).

Que ce soit pour la résilience démocratique, la souveraineté technologique ou en réponse à la dernière menace tarifaire trumpiste, la Commission européenne n'a aucune bonne raison de rester silencieuse sur ce sujet. #jumpstartEU.