État de l'Union européenne : Assez de beaux discours

Blog post sur LinkedIn, 20/08/2025, de Sven Franck (in Deutsch, in english)
Tout a été dit sur le sommet de la Maison Blanche, mais avec la demi-vie inconnue des « Deals » de Trump, pourquoi pas se déjà tourner vers septembre et le prochain #SOTEU – le discours annuel sur l'état de l'Union européenne. S'il y a une chose claire après le sommet de l'OTAN, l'accord commercial UE–US et le week-end dernier, c'est que l'UE doit sérieusement faire l'introspection et, idéalement, annoncer des réformes sérieuses.
The show must NOT go on
Je suis franchement fatigué d'un autre SOTEU de blabla marketing et de milliards d'euros. Je veux de l'honnêteté : « The shit hit the fan ». Et l'Europe n'était pas prête. Parce que depuis des décennies, aucun gouvernement national n'a voulu céder plus de pouvoir à l'Union européenne. Personne ne parle de fédéralisme. Personne ne parle de subsidiarité. L'unanimité permet « à quoi bon » et chacun a repoussé le problème. Dans une route qui est soudainement arrivée à sa fin.
La Commission européenne, elle aussi, a joué le jeu parce que sa présidente a été installée par le Conseil au lieu de provenir du Parlement. Une présidente de la Commission choisie par les États membres ne remettra jamais en cause leur rôle ni ne critiquera l'état lamentable de l'Union européenne. Elle reste une sorte de marionnette à 27 ficelles pour administrer le statu quo avec des couches de bureaucratie.
« Administrer » est en fait l'un de mes principaux reproches. Vous êtes la « présidente » de l'Union européenne. Le monde est en feu. Votre pantalon commence à brûler et vous prononcez un discours SOTEU sur de futures régulations, des promesses vagues et que l'année prochaine sera l'année de je ne sais quelle... de la pêche. Vous pouvez prendre n'importe quel sujet : Ukraine, défense, politique étrangère, élargissement, unanimité. Nous en sommes à un point où nous devons sérieusement parler de réformes des traités. Pas de la pêche.
S'il vous plaît, pour une fois en prime time
Pour donner de l'élan aux réformes des traités, il faut la grande scène. Je me plains depuis des années que les présidents s'adressent aux citoyens après autour du journal du soir. Sauf la présidente de la Commission européenne qui parle à 9h du matin. Pourquoi ? Personne ne regarde. Personne ne s'y intéresse.
Imaginez Ursula von der Leyen à 20h00 à la télé dans toute l'Europe. Non pas pour annoncer l'année de la pêche, mais pour dire que l'UE a cruellement besoin de réformes et que, sur le retour de Washington, elle a convaincu la coalition des volontaires d'être aussi « volontaires » à cet égard. De retour à Bruxelles, elle grimpe au grenier du Berlaymont et ressort le rapport #COFE (Conférence sur l'avenir de l'Europe – au cas où vous auriez oublié), enfoui sous une pile de rapports Draghi.
Elle annonce des réformes des traités et, avec le Parlement et le Conseil, elle consacrera l'année à rédiger comment l'UE peut devenir un acteur géopolitique – plus indépendant des autres blocs et des gouvernements nationaux, tout en travaillant à convaincre tous les États membres et en préparant un plan B.
C'est ce que nous devrions tous attendre d'un discours SOTEU et d'une présidente européenne. On y bosse sur #jumpstartEU.