Budget de l'UE : compter les centimes au lieu de viser grand ?

Blog post sur LinkedIn, 17/07/2025, de Sven Franck (in Deutsch, in english)
TL;DR – Hier, la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a présenté le nouveau budget de l'UE (Cadre financier pluriannuel ou « CFP ») à négocier au cours des 24 prochains mois - avec une augmentation à 1 984 milliards € ou 1,26 % du revenu national brut (RNB) – contre 1,13 % pour la période en cours.
Moins le remboursement des prêts de relance Covid, le prochain budget de l'UE par ailleurs semble à peu près équivalent au budget actuel. Loin des 3 000 milliards proposés par Volt Europa et difficile à faire accepter par les États membres qui cherchent à rester sous la barre des 3 % de dette, tout en s'engageant à 5 % de dépenses pour l'OTAN et en excluant toute taxe numérique européenne sur Google & friends pour ne pas froisser le président américain Trump. En parlant de lui :
🇺🇸 Le budget fédéral américain représente un énorme 23 % du PIB
Oui, le RNB n'est pas le PIB et l'UE n'est pas les États-Unis, mais l'Amérique fait bien certaines choses : le Kentucky ne gère pas l'immigration. Le Vermont ne protège pas sa frontière avec le Canada et aucun des deux n'entretient d'une armée. Ces sujets se font au niveau fédéral, et pour cela, le budget fédéral américain constitute un impressionnant 23 % du PIB (en milliards par an : UE ~280, États-Unis ~6700).
Comparé aux États-Unis, le budget proposé de l'UE est timide. Et pourtant, les États membres de l'UE se battront bec et ongles, refusant de voir le « big picture » : ils gaspillent des sommes colossales en refusent de s'intégrer et en maintenant leur croyance en une pertinence géopolitique nationale.
Des sujets comme la protection des frontières extérieures, l'immigration et la défense dans une union ne relèvent pas du niveau national. Nous pourrions économiser des milliards en regroupant et en déléguant ces responsabilités et budgets à l'UE. Au lieu de cela, nous préférons couper les services publics ou supprimer des jours fériés nationaux, comme la France vient de le proposer.
💸 Pourquoi payer une fois quand on peut payer 27 fois pour la même chose ?
La protection sociale et une dissuasion militaire crédible ne s'excluent pas mutuellement – si les États membres arrêtaient de payer 27 fois pour la même chose. Tout gouvernement qui dit que nos sociétés devront faire des sacrifices ne dit que la moitié de la vérité : ce sacrifice est nécessaire parce qu'ils refusent de faire avancer le projet européen vers une union plus fédérale et intégrée.
Une présidente de la Commission forte ne marchanderait pas quelques chiffres derrière la virgule, mais lancerait le débat en montrant combien les gouvernements nationaux pourraient réduire leurs dépenses en déléguant certaines compétences et budgets au niveau européen. Voilà ce qui, pour moi, vaudrait 24 mois de négociations. Pour plus : #jumpstartEU.