Le Conseil européen devrait s'appeler Conseil national
Blog post, 11/02/2026, de Sven Franck (in Deutsch, in english) -
TL;DR – Demain, les dirigeants nationaux se retirent dans un château en Belgique pour discuter de la compétitivité européenne. De véritables dirigeants européens ne sont pas attendus. Il reviendra donc à l'évangéliste européen Mario Draghi de faire échouer le plan de l'Allemagne et de l'Italie : tous deux cherchent à rendre l'UE plus compétitive en se pliant aux exigences de Trump et Musk en arrachant des compétences au Parlement européen et à la Commission. Qu'est-ce qui pourrait ne pas plaire ?
Supprimer une bonne réglementation à cause d'une mauvaise
Il n'est même pas nécessaire d’être le Bürokratiemonster pour comprendre : des études existent montrant pourquoi la réglementation supranationale de l'UE rend l'Europe plus compétitive - notamment parce qu'elle est plus indépendante des intérêts économiques, comme BlackRock dans le cas de Friedrich Merz ou Starlink dans celui de Giorgia Meloni.
La réglementation européenne, comme le DSA, peut être si efficace qu'elle vaut à ses auteurs des « félicitations » sous forme de sanctions - voir la récente interdiction de voyage visant de Thierry Breton. Et tandis que certains gouvernements testent les limites du DSA, d'autres, comme l'Allemagne et l'Italie, cherchent à le démanteler. Ce qui m'amène au point central :
Les citoyens veulent plus d'Europe, pas plus de nationalisme
Le dernier Eurobaromètre a montré un soutien stupéfiant de 89 % en faveur de davantage d'intégration européenne - et pourtant le Conseil de l'UE semble déterminé à diviser l'Europe. J'admets que le Conseil est nécessaire dans l'Europe d'aujourd’hui, car la France ne sera jamais le Kentucky, quelle que soit la dimension du multivers fédéraliste. Mais doit-il jouer le rôle déterminant consistant à faire évoluer ou à enterrer le projet européen ? Certainement pas.
N'oublions pas que le Conseil de l'UE ne critique pas une Commission issue du Parlement. Il critique la présidente de la Commission qu'il a lui-même désignée. Si le Conseil qualifie cette Commission de « secrétariat », alors l'état misérable actuel de l'Union européenne doit également retomber sur ceux qui demandent à ce secrétariat de précipiter l'Europe dans le mur.
Quoi faire ?
Nous ne sommes pas sans moyens. Ce sont nos gouvernements nationaux qui fabriquent, bloquent ou adoptent la réglementation dont ils se plaignent aujourd'hui, donc :
- Appeler un chat un chat : le Conseil de l'UE est un « Conseil national ».
- Passer d'un leadership national à un leadership européen.
- Utiliser les prochaines élections de 2029 pour construire un contre-poids au Conseil national.
Nous avons besoin d'une Commission aussi déterminée à l'intégration européenne que les dirigeants nationaux réunis demain le sont à tenter de l'empêcher. Il est temps pour un #jumpstartEU.