First we take Maduro, then we take Greenland?
Blog post, 03/01/2026, de Sven Franck (in Deutsch, in english) -
TL;DR – Alors que les États-Unis ne se montrent plus discrets quant à leurs objections à une Europe unie, vu que certains États membres disposent de l'arme nucléaire et limitent la liberté d'expression, on est en droit de se demander quand le Danemark perdra le Groenland ou quand des hélicoptères exfiltreront Emmanuel Macron après que Marine Le Pen aura été déclarée inéligible aux présidentielles. Sommes-nous prêts à la politique étrangère façon MAGA ?
Une opération militaire spéciale reste une opération militaire spéciale
Nous ne sommes pas restés silencieux lorsque la Russie a lancé son opération pour s'emparer de l'Ukraine et du président Zelensky. On peut aimer ou détester le président vénézuélien et remettre en question sa légitimité, mais le monde se porte plus mal lorsque deux superpuissances géopolitiques empêchent l'ONU d'assurer le maintien de l'ordre international. Et c'est précisément cet ordre international qui doit être en mesure de tenir Poutine, Trump, mais aussi Maduro pour responsables.
Soyons honnêtes : c'est une question de ressources. L'Ukraine est l'un des principaux producteurs mondiaux de céréales, elle dispose de terres rares et l'enlèvement de ses enfants peut également contribuer à atténuer une crise démographique russe. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole de la planète. Appelons un chat un chat.
Qu'on ne s'y trompe pas : la crédibilité internationale de l'Europe, voire son avenir, est également en jeu. Si nous condamnons la Russie pour l'invasion de l'Ukraine mais nous contentons de déclarations timieds sur le Venezuela, pourquoi le monde se soucierait-il d'un changement de régime facilité par les États-Unis en Allemagne ou en France ? Pire encore, si nous échouons à unir l'Europe, pourquoi la France se soucierait-elle d'un changement de régime orchestré par les États-Unis en Allemagne - ou l'inverse ? Divisés, nous tombons, et nos dirigeants nationaux restent incapables de s'unir.
Qui sera le prochain ? Le Groenland !
Le prochain domino pourrait être le Groenland. Une opération pour accueillir le 51ᵉ État des États-Unis - riche en ressources naturelles et bénéficiant d'une position géographique enviable. Mieux encore, cela permettrait aussi de rompre avec l'OTAN et de libérer Donald Trump de ses engagements de sécurité en Europe. Comment empêcher cela ? En cessant d'agir comme des dominos qui tombent les uns après les autres et en se rapprochant.
Si l'Europe voulait envoyer un signal fort, elle exigerait que Maduro soit tenu pour responsable devant les institutions internationales plutôt que par un simulacre de procès américain - et, ce faisant, exigerait également que ces institutions soient en mesure de tenir n'importe qui pour responsable, y compris le président des États-Unis.
Et l'UE devrait relever les enjeux. La capacité de déploiement rapide de l'UE est opérationnelle. S'il n'y a pas d'unanimité pour la déployer au Groenland afin de protéger le territoire de l'UE, les États membres devraient s'engager à fournir des forces équivalentes pour soutenir le Danemark - en contrepartie d'un engagement danois à faire avancer l’intégration européenne. Le moment est venu: #jumpstartEU.